Ciné-débat harcèlement scolaire

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Avec deux collègues Sophie Picherit et Soazig Hamard, nous animons un ciné-débat sur le harcèlement scolaire le mardi 11 décembre 2018.

Ainsi, nous aborderons le harcèlement scolaire du point de vue des différents acteurs : élèves, parents, enseignants, institution. Également sous plusieurs angles :
– juridique : responsabilités, droits et devoirs de chacun
– sociologique : phénomène de groupe et cyber-harcèlement
– psychologique : processus psychiques à l’œuvre et traumatismes.

Le monde des « psy »: quelles différences entre psychologue, (pédo)psychiatre, psychothérapeute et psychanalyste?

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La psychologie est, selon le Larousse,  « une discipline qui vise la connaissance des activités mentales et des comportements en fonction des conditions de l’environnement ». Il s’agit de l’étude scientifique des faits psychiques.

Parce qu’il est difficile de s’y retrouver quand on est néophyte, voici quelques éclairages concernant les professionnels que vous êtes susceptibles de rencontrer.

Le psychologue :

En France, le titre de psychologue est protégé et reconnu par l’état depuis 1985. Un psychologue a obtenu une licence et un master 2 (bac+5) à l’Université de psychologie, privée ou publique.
Les psychologues sont soumis à un code de déontologie, au même titre que les médecins. Les spécialisations des psychologues sont nombreuses, allant de la psychologie du travail à la psychologie clinique. Les psychologues exerçant en institutions (sociales, médico-sociales, associatives ou privées) ou installés en libéral sont souvent des psychologues « cliniciens ». Étymologiquement, la « clinique » provient de la médecine, il signifie « au chevet du malade ». Le clinicien est donc celui qui va à la rencontre de la singularité, de la subjectivité de chacun. Le psychologue est formé à la psychothérapie et à la passation de bilans. Celui-ci peut s’inscrire dans divers domaines théoriques et pratiques tels que la psychologie cognitive, la psychologie développementale, etc.

Le psychiatre :

Le psychiatre est un médecin spécialisé en psychiatrie. C’est pourquoi il est habilité à prescrire des médicaments (ex : antidépresseur, régulateur d’humeur…). Il peut être spécialisé dans l’enfance (pédopsychiatrie) ou travaille plus spécifiquement auprès de personnes âgées (gérontopsychiatrie). Les consultations avec un psychiatre sont remboursées par la sécurité sociale. Les psychiatre travaillent à l’hôpital, en clinique ou en cabinet libéral.

Le psychothérapeute :

La formation de psychothérapeute n’est pas toujours reconnue par l’état, contrairement à celles des psychologues et des psychiatres. Une psychothérapie désigne l’accompagnement d’une personne en souffrance psychologique par le biais de différents courants de pensée (psychanalyse, systémie, psychologie cognitive, humaniste…), avec d’éventuels outils comme l’hypnose, l’E.M.D.R., psychodrame, psychothérapie verbale, médiations artistiques.
Le psychologue, le psychiatre et le psychanalyste peuvent être également psychothérapeutes.

Le psychanalyste :

Il peut être également psychologue, psychiatre, ou psychothérapeute. Le psychanalyste s’intéresse à l’inconscient, comme source des symptômes et de conflits psychiques à l’origine de la souffrance. Par l’association libre de mots, le psychanalyste aide l’analysant à repérer ce qui le détermine, constitue son désir, son rapport à l’autre et au monde et dont il n’a pas conscience et qui pourtant le gouverne.
Sa formation consiste en une analyse personnelle et une supervision par un psychanalyste expérimenté.

Le cadre thérapeutique

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Instinctivement, nous pourrions dire que le cadre thérapeutique est ce qui va venir border, soutenir, étayer les modalités d’une rencontre, entre un thérapeute et le(s) patient(s). Il est du rôle du thérapeute de proposer, de penser et de garantir le cadre thérapeutique.

Le cadre thérapeutique

Historiquement, c’est d’abord une notion issue de la pratique psychanalytique, dans lequel le cadre analytique se défini comme les modalités (lieu, fréquence, durée) des séances, la position des personnes, le paiement des séances, les modalités d’intervention, la confidentialité et la neutralité.
Explicité dès la première rencontre, quelque soit le type de thérapie proposée, il devient de plus en plus implicite et intériorisé par le patient au fil des séances.

D. Anzieu, en 1985, dans Le Moi-peau, compare le cadre thérapeutique à « un contenant maternel » .  Garanti par le thérapeute, il a le rôle « d’une seconde peau psychique » dans lequel « les pensées du sujet peuvent se déployer ». Il insiste sur cette fonction enveloppante (mais non rigide) qui va permettre au patient et au thérapeute de se mettre dans cet disponibilité psychique réciproque.

Ce cadre diffère en fonction des méthodes et des références théoriques du professionnel. Dans le modèle cognitivo-comportemental, c’est tout autant le programme de remédiation explicité qui fait cadre, que ce qui va se jouer au niveau relationnel entre le patient et son thérapeute.
Dans une thérapie à médiation artistique, c’est l’objet créé, comme un espace intermédiaire entre le patient et le thérapeute, qui fera partie intégrante du cadre.

Au-delà du lieu et des modalités de rencontre, le cadre se situe dans les actes et les paroles émis d’une séance à une autre, dans ce qui est « même », malgré l’intensité et la teneur de ce qui peut se vivre dans cet espace-temps si particulier. Il permet de limiter tout débordement : passage à l’acte, agressivité, qui devront par ailleurs être questionné, du point de vue de la problématique du sujet.

Au même titre que le thérapeute lui-même, il représente une sorte de « béquille », sur lequel le sujet peut s’appuyer et se sentir accueilli dans sa parole et dans sa singularité.

Conférence-débat sur l’accompagnement de l’enfant pour l’aider à grandir

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Le 18 octobre 2019 à 18H30 à la Maison de Quartier de La Madelaine (Nantes) avec l’association epsylon : https://www.associationepsylon.com/

En co-animation avec Elodie Le Marec, psychologue clinicienne

Entrée : 4 euros

L’éducation des enfants est en pleine métamorphose depuis la mise à disposition des résultats des travaux en neurosciences sur le développement du cerveau humain. On sait aujourd’hui, qu’être à l’écoute de ses perceptions et émotions, nous aide à être en meilleure communication avec les autres, et également à développer sa confiance en soi. Pour bien grandir, l’enfant a besoin de limites, d’interdits, et également d’une prise en compte de ses émotions.
De plus en plus de parents souhaitent mettre en œuvre ces principes, afin d’éduquer leurs enfants dans un plus grand respect de leurs besoins, et mieux les comprendre et interagir avec eux.
Néanmoins, la mise en pratique est parfois difficile lorsque l’enfant sort du cadre, ou lorsqu’une opposition se fait entendre. Comment gérer les conflits à la maison d’une manière positive? Comment, concrètement, répondre aux besoins de l’enfant ? Comment l’accompagner pour qu’il puisse gérer ses émotions ? Comment, avec bienveillance, poser les limites à son enfant ?
Pour répondre, nous vous présenterons plusieurs outils issus de différents courants comme la parentalité positive, l’éducation positive et la communication non violente.

Accueil à partir de 18h. Début de la conférence à 18h30.

L’analyse des pratiques et la santé au travail

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L’analyse des pratiques (ADP) est un espace de parole pour des professionnels désireux de réfléchir sur leurs pratiques, d’approfondir leur réflexion, de porter un autre regard sur leur fonctionnement professionnel au sein d’une institution (entreprise, association…).

Les objectifs de ces interventions sont multiples : donner l’opportunité aux participants de s’exprimer librement sur leurs savoir-faire et savoir-être, analyser les enjeux de la relation aux usagers ou clients, harmoniser les pratiques, renforcer la cohésion du groupe, apprendre à mieux connaître son identité professionnelle tout en maintenant vives les capacités d’initiative et de création. L’animateur est le garant de la confidentialité et du respect de la parole de chacun. Le groupe peut être formé de professionnels d’un même établissement ou bien regrouper un même corps de métier, issu de différents lieux d’exercice.

L’analyse des pratiques apparaît ainsi comme une ressource interne avec un cadre contenant au sein d’un établissement. La bienveillance et l’engagement de chaque participant est un élément clé du bon fonctionnement de ce type de groupe et d’une libre circulation de la parole.

Ce cadre ressource, espace d’échange et de rencontre est reconnu pour accueillir les difficultés rencontrées de chacun, donner à l’équipe du sens à sa pratique, prendre conscience de ses actes et analyser ce qui se joue aussi au niveau émotionnel. Ce dernier élément apparaît souvent comme très précieux aux professionnels.

Peut-elle prévenir l’apparition des troubles psychosociaux ?

Les troubles psychosociaux sont les conséquences de l’exposition aux risques psychosociaux (risques pour la santé mentale, physique ou sociale engendrés par des situations de travail, des facteurs organisationnels et relationnels). Les troubles psychosociaux se manifestent par une altération de la santé des individus (maladies cardio-vasculaires, TMS, troubles anxieux-dépressifs, épuisement professionnel, suicide…) et nuisent à la santé du collectif et de l’organisation (conflits relationnels, turnover…).

Les éviter, c’est agir sur les facteurs de risque (intensité et complexité du travail, faible autonomie au travail, relations sociales dégradées, conflits de valeur…).

Il y a trois types de prévention :

  • La prévention dite primaire qui mobilise des actions « préventives » qui agissent sur le travail et son organisation

  • La prévention dite secondaire qui mobilise des actions « correctives » qui agissent sur les difficultés actuelles, individuelles ou collectives

  • La prévention dite tertiaire qui mobilise des actions « curatives » qui agissent sur les conséquences individuelles de la souffrance au travail

L’analyse des pratiques présente de l’intérêt sur ces trois niveaux.

Les situations de travail évoquées en ADP sont souvent directement liées à des facteurs de risques psychosociaux (charge de travail, pression temporelle, clarification des rôles et responsabilités, climat social, …).

En cela, et sans toujours le savoir, le groupe d’ADP devient un acteur de prévention.

Par exemple, elle permet d’anticiper le développement du risque lors de la conduite du changement en créant de la coopération entre équipes, en interrogeant le travail, son sens et son contenu… Elle peut agir en prévention secondaire c’est-à-dire avant que de petites difficultés se transforment en trouble.

Reconnaître une situation professionnelle, analyser les manifestations de stress au travail et leurs causes, identifier les axes clés et les leviers personnels pour prévenir le stress, savoir orienter un pair en souffrance vers les personnes et/ou organes ressources : voilà les compétences qui peuvent se développer entre pairs lors de séance d’ADP.

Même si l’enjeu en analyse des pratiques n’est pas de détecter les risques avérés au niveau individuel, il arrive que certains risques ou troubles le soit. Il ne s’agit d’utiliser à cette fin ou à fin de prise en charge ces risques ou trouble mais bien de les accueillir si besoin et de réfléchir à l’alerte éventuelle à donner. Si le psychologue animateur du groupe percevait un réel danger, tant pour le/les professionnels que pour les personnes qu’ils accompagnent, il se doit de lever le secret professionnel. Il pourra également proposer des contacts pour un suivi psychologique à un salarié dans un autre espace si la souffrance d’un professionnel le nécessite.

Les bonnes conditions de libération de la parole dans un groupe d’analyse sont comme vous l’aurez compris le cadre et aussi la composition du groupe. Il faut mieux éviter de mélanger dans un même groupe des représentants du personnel trop engagés avec des personnes du service des ressources humaines, des salariés avec leur responsable hiérarchique… Le non suivi de cette recommandation pourrait brider la parole des participants, et aller à l’encontre de l’essence même de cet espace de parole.

En conclusion, l’analyse des pratiques peut donc se révéler être un outil puissant de prévention sous certaines conditions. En effet, élaborer à partir d’une situation permet d’analyser la situation (ses causes et conséquences) et de repérer ce qui opère à un niveau conscient voire inconscient, individuel et/ou collectif.

Isabelle Constant, psychologue du travail,

Claire Davisseau, psychologue clinicienne,

Article Mai 2018, rédigé pour l’association Epsylon https://www.associationepsylon.com/